Impitoyable, froid et dur

Alors voilà, comme en chaque début de mois depuis la rentrée : ca ne va pas. Non pas que j’ai mes ragnagna. Enfin si, coté boulot. En effet j’ai un truc cyclique et pénible à faire chaque mois à la même période, pendant les tous premiers jours. Ca ne vous rappelle rien ? Comme le dirait MoiAussi : “pas facile d’être une fille”.

Sauf qu’en plus il y a eu le changement d’heure, donc sommeil perturbé et insommies. Le 1er novembre férié a fait un beau week-end de 4 jours donc difficile de s’y remettre après ce bon break. Fatiguant mais bon c’était bon. Bien bon. D’ailleurs quand c’est fatiguant, c’est bon. Et quand c’est bon, c’est que ca a été fatiguant.

Sauf que ce 1er du mois férié est un jour de moins pour faire le même boulot avec le même délai. Et je suis en phase d’arrêter de fumer pour de bon d’ici la fin du mois. Cerise sur le tas de purin, le RER C fait des siennes cette semaine. Brèf, tout va comme ca pour que ca n’aille pas.

J’ai pas mal de pauses dans les tuyaux, par exemple un petit compte-rendu de mon second Paris Carnet ou raconter avec moults détails un appel téléphonique un peu génant après la dépose d’un post-it (soyez encore un peu patients miss b* et le Celibattu), mais là maintenant j’ai envie d’écrire à chaud sur un épisode, une péripétie, une anicroche du jour. En fait une petite série qui a atteint pour moi de mon coté son paroxysme en fin de journée.

Pour celles et ceux qui ont suivi les épisodes précédents, il s’agit donc de la nouvelle embauchée coté client qui m’avait complètement secoué dès que je l’avais vue. Ce qui fût une grande première pour moi. La descente et la chute furent d’autant plus dûres que la demoiselle choisit l’indifférence aux diverses allusions, suggestions, propositions et perches que j’ai pu lui faire par e-mail, tout en restant très sympa lors des contacts réels.

J’ai même cru un moment que c’était juste un problème de média. En fait j’aurais tellement préféré me faire rembarrer de manière claire et nette. Pour pouvoir en faire mon deuil sans avoir à gamberger. On n’avait plus eu trop de contact, hormis des petits points de situation rapides à vocation professionnelle.

Brèf, la semaine dernière elle a demandé à venir déjeuner avec l’équipe. Ca déjà me plaisait pas trop mais bon je n’avais pas mon mot à dire. Enfin bon j’ai émis quelques signes pour montrer au début de sa présence à table que je n’étais pas très emballé. Après je me suis détendu, heureusement que je n’étais pas en face d’elle. J’ai même pu “briller” un peu sur le sujet “cinéma” que j’avais subtilement (si si si) mis dans la conversation. Et aussi sûrement me “crasher” en beauté avec une remarque un peu trash faisant allusion à une blague sur les myopathes. Mais bon autant être naturel et spontané, surtout quand on en a plus rien à foutre, qu’on a essayé et que cela n’a pas marché. Il y a juste encore les pincements de coeur …

Peut-être est-ce pour marquer de la distance qu’elle m’appelle depuis quelques temps par mon prénom et mon nom, qu’elle écorche allégrement et involontairement d’ailleurs. Sûrement sa manière à elle de répondre à mon “salut” pas très enjoué. D’ailleurs le lendemain de sa présence au déjeuner, je l’ai croisée dans un couloir.

Comme elle écorchait une fois de plus mon nom, je le lui ai fait remarquer en lui disant que c’est presque cela mais qu’il faudra qu’elle essaye encore. Elle a rigolé en disant que c’est bien comme cela aussi (genre pTT au lieu de ppC : c’est méga lolesque, non ?). Répartie cinglante de ma part en guise de coup de semonce, lui disant qu’elle rigolera moins quand je lui aurai trouvé un sobriquet de mon cru. Puis je tourne les talons et poursuis ma route.

De retour de week-end (mercredi), alors que j’avais quand même fait un mail le vendredi à 19h00 avant de partir en faisant un petit point de situation et en donnant le feu vert pour la mise en place de certaines choses, je trouve un e-mail de la demoiselle qui me demande d’aller voir une de ses collègues pour le feu vert de ces mises en place et de la tenir au courant.

Réponse électronique et laconique de ma part, avec juste un “cf. mon mail du vend 28/10/05 à 19h02”. Et en ps, je lui fait remarquer une faute de grammaire dans son message niark niark niark. Un peu plus tard dans la même journée, j’ai à nouveau l’opportunité d’une seconde réponse électronique et laconique avec le désormais “cf. mon mail du vend 28/10/05 à 19h02”. La puissance du copier-coller m’interpelle à chaque fois que je m’en sers.

Et nous voilà donc jeudi en début de soirée. Elle vient dans mon bureau, sans jamais trop s’approcher de mon coin. Tant mieux pour elle, car sinon elle m’aurait peut-être demandé quelques M & M’s et je les lui aurai refusés comme je m’étais promis de le faire, rien que pour voir la tête qu’elle ferait (ca me rappelle qu’au moment de partir du restau qu’elle avait squatté, elle avait tellement louché et bavé sur les patisseries orientales que le serveur lui en avait offert une. Toute contente elle ne s’était pas privé de me le faire remarquer. Ben tu vois ma cocotte, moi je n’ai pas peur de t’envoyer chier et pourtant j’ai été à tes pieds).

Je sais que je l’ai déjà aperçue un peu au loin dans un couloir ce jour, elle avait dit bonjour mais comme elle croisait quelqu’un à ce moment-là et qu’elle était à 5 mètres de moi, j’ai estimé que cela ne m’était pas destiné. Et je dois admettre que ca m’arrangeait bien d’avoir l’opportunité de l’ignorer et la zapper, de ne pas lui répondre. Ma manière de lui rendre la monnaie de sa pièce, de lui renvoyer l’ascenseur, l’arroseur arrosé, l’ignoreuse ignorée.

Là voilà dans l’encadrement de la porte, puis faisant juste deux pas :
elle : “bonjour ppC” (ton assez neutre mais un brin enjoué)
moi : “salut” (ton sec)
elle : “ca va ?” (ton poli de formalité diplomatique et douanière)
moi : “non” (ton sec accompagné d’un regard glacial)
elle : “moi non plus ca va pas” (ton résigné limite confidence)
moi : ... (silence, regards genre c’est à quel sujet ?)
elle : “j’ai juste une question”
moi (du tac au tac) : “juste une réponse alors” (ton sec mais vous vous en doutiez)
elle : bla bla bla ? (ton interrogatif, explicatif et implicatif)
moi : bla. (réponse laconique mais exacte, juste et précise)
elle : “merci ppC, bonne soirée” (je crois pour ces derniers mots car j’avais déjà commencé à recoiffer mon casque audio)
moi : soit j’ai dit “salut” (ton sec mais vous vous le saviez) soit j’ai rien dit et j’ai repris mon boulot en cours. je ne me souviens plus trop.

Alors vous devez bien imaginer, avec cette retranscription, que l’atmosphère n’était pas trop amicale. En fait je n’arrive pas trop à vous restituer comme je l’ai vécu ce moment mais il était d’extrème glaciation, lourd et plombé de mon coté. Si vous voulez vous faire une idée, regardez le début de Lost Highway (David Lynch), au moment où le couple, déjà passablement distant et en froid, trouve et regarde la première cassette vidéo …

10 commentaires pour “Impitoyable, froid et dur”

  1. ppC dit :

    J’aurais jamais pensé, en commençant ce blog, qu’un jour j’écrirai et publierai ce genre de prose. Trop personnel, trop intime, trop sérieux.

    Pas super fun ni pour vous ni pour moi. Même si j’ai essayé de m’amuser
    un peu lors de la rédaction. J’espère ne pas avoir à me livrer à ce genre de pause ici trop souvent, voire même de nouveau.

    Mais force est de constater l’effet catharsis de l’exercice et que je me sens déjà beaucoup plus zen par rapport à tout cela.

    Enfin, autre nouveauté, je n’ai pas fait comme avant en rédigeant tout en une seule fois d’un seul jet et trait.

    J’ai fait plusieurs passages (et donc pauses vis à vis du boulot) ces 2 derniers jours pour pondre et accoucher de ceci.

    Je ne sais pas si ce petit “making-of” est vraiment interessant (ni cette pause d’ailleurs) mais j’ai ressenti le besoin de le faire (et cette pause aussi d’ailleurs).

  2. Zia dit :

    Bonjour…j’ai visité ton blog…je l’ai trouvé super sympa…j’ai commencé le mien, il y a seulement qq jours, je n’aurais jamais cru non plu, pouvoir écrire des pensées aussi intimes…Tu peux aller y jeter un coup d’oeil si ça te dit : ziabraz.blogspot.com
    bises
    Zia

  3. Casseroles2Nawal dit :

    note 1 : je vais remettre le lien vers le underground comme ça tu verras que moi aussi … enfin Moi moi pas moi aussi elle ;-)
    note 2 : Impitoyable j’ai du mal à le croire
    note 3 : Tu excelles dans les “making of” pas de soucis
    note 3 : Ta collègue t’appelle ppC ? Bon Ok je sors …

  4. Casseroles2Nawal dit :

    Lire : note 4 … ;-)
    Bon je file mettre le fil à la patte, y a pas de raison puisque moi je te lis !

  5. ppC dit :

    helo et merci Zia, je vais aller voir cela.
    biz

  6. ppC dit :

    coucou Nawal,
    1=> quel lien tu vas mettre où ?
    2=> quand ppC pas content, ppC méchant.
    3=> merci
    4=> et vi ! c’est peut-être pour cela qu’elle … ;)

    à bientôt + biz.

  7. Flo dit :

    Rancunier le garçon…faut pas t’emballer comme ça parce que tu te prends une veste ! Une putain haute idée de toi même !! Faut relativiser

  8. miss b* dit :

    Yop,

    pas facile tous les jours, pour personne…
    si ça te soulage d’écrire tes sentiments sur ce qui ne va pas, fais-le ! un blog est avant tout ton espace perso, je ne vois pas pourquoi tu te priverais.
    et pas de panique, oui tu écris bien, et non on ne s’ennuie pas :)
    courage !
    biz’

  9. ppC dit :

    merci pour tout miss b* !

    ps: impressionnant l’effet catharsis, je suis à nouveau en top forme :)

  10. ppC dit :

    Flo => helo et merci pour ton commentaire.
    bon alors ca serait pas mal de savoir si tu es une Florence ou un Florent :)
    j’aurai préféré me prendre une veste ou un rateau bien explicite comme tu dis que d’être ignoré ... en tout cas je souhaite que cela ne t’arrive pas.

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